85 000 francs CFP. Ce n’est pas le prix d’une voiture d’occasion ni celui d’un voyage rapide vers une île voisine, mais le loyer moyen d’un simple F1 à Papeete en 2024. En cinq ans, la facture a bondi de près de 30 %. Le fossé entre la capitale et sa périphérie demeure, et pourtant, la demande ne fléchit pas, même pour les logements meublés.
Tout, du panier de courses au bus, subit l’effet conjugué de l’insularité et des hausses de change. Ici, le logement et ses frais annexes grignotent une part du budget qui ferait pâlir n’importe quel ménage de métropole. Les familles de Tahiti jonglent pour équilibrer leurs comptes, parfois au détriment du reste.
Quel est le vrai coût de la vie à Tahiti en 2025 ?
La Polynésie française se hisse dans le trio de tête mondial des territoires les plus chers. Seule la Suisse et la Suède la devancent. Selon les comparateurs internationaux, le coût de la vie sur l’archipel dépasse de 39 % celui de la métropole. Pour qui débarque de l’Hexagone, le choc est brutal : l’écart grimpe à 55 % pour les expatriés. Impossible d’ignorer la réalité, entre importations massives et logistique complexe, un budget bien plus conséquent s’impose que dans la plupart des villes françaises.
Si l’on se penche sur les chiffres, l’écart saute aux yeux :
- Une personne seule en ville doit réunir chaque mois près de 2 185 € (contre 1 696 € en France).
- Pour une famille de quatre, le seuil monte à 5 342 € (contre 4 779 € en métropole).
- Le salaire net mensuel moyen plafonne à 1 674 €.
Résultat : le pouvoir d’achat reste sous pression. Les salaires ne suivent pas la flambée des prix, et les ménages doivent souvent trancher entre logement, alimentation ou moyens de transport. Les factures courantes, électricité, internet, santé, alimentation, absorbent une large part des revenus. Avec près de 190 000 habitants, Tahiti affiche un PIB par habitant de 25 000 € : le décor économique est planté.
La population de l’île porte l’empreinte de son histoire : 66 % maohi, 5 à 10 % chinois, 12 % popaa, 17 % demi. Le quotidien se partage entre le français, le tahitien, une mosaïque culturelle portée par 130 îles, chacune avec ses marchés locaux, ses disparités, ses micro-économies. Avant de boucler vos valises, prenez le temps d’analyser la structure des dépenses. La vie polynésienne, ce n’est pas qu’un lagon turquoise.
Loyers à Tahiti : panorama des prix selon les quartiers et types de logements
Sur l’île, la pression locative ne faiblit pas. Le centre-ville de Papeete concentre les loyers les plus salés. Un studio s’y négocie autour de 70 000 FCP par mois, soit 585 €. Pour un T2, il faut souvent débourser plus de 110 000 FCP (920 €). Dès qu’on vise une surface familiale, les prix montent en flèche : un T3 à Punaauia atteint allègrement 220 000 FCP. Quant aux maisons avec jardin dans les beaux quartiers, elles dépassent la barre des 2 000 €.
Le logement pèse lourd : il accapare entre 30 et 40 % des revenus. Cette flambée s’explique par la quasi-absence de logements vacants, la vigueur du tourisme et la multiplication des locations saisonnières qui raréfient l’offre annuelle. À Mahina, un bungalow se loue entre 800 et 1 200 €. L’écart avec la métropole reste marqué : là-bas, comptez en moyenne 500 € pour un studio, 700 € pour un T2.
Le parc social tente d’offrir un peu de répit aux ménages les plus fragiles, mais la demande explose et les délais s’allongent. Les loyers sociaux varient de 55 000 à 80 000 FCP mensuels. Pour les nouveaux arrivants et les jeunes actifs, la colocation et les agences immobilières demeurent des voies d’accès privilégiées. Côté investissement, le dispositif Girardin IS attire les acquéreurs à la recherche d’une rentabilité de 5 à 6 % (voire 8 à 10 % pour les locations de courte durée, façon Airbnb).
Vie quotidienne : alimentation, transport et loisirs, à quoi s’attendre au quotidien
Ici, le panier de courses pèse lourd. Pour une personne seule, il faut compter entre 50 000 et 70 000 FCP par mois, bien au-dessus de la moyenne française. Les produits importés, qu’il s’agisse de fruits hors saison, de viande ou de laitages, affichent des tarifs corsés. Les marchés locaux, quand ils sont bien approvisionnés, permettent d’alléger un peu la facture, mais tout dépend des arrivages et du fret.
Côté transport, la voiture s’impose presque comme une obligation en dehors de Papeete. Les transports en commun restent limités, tant en fréquence qu’en desserte. Prévoyez 20 000 à 35 000 FCP par mois pour couvrir déplacements et carburant. Pour les loisirs, le budget mensuel oscille entre 15 000 et 25 000 FCP pour les sorties, restaurants ou activités culturelles. Les prix pratiqués dans les établissements touristiques s’envolent vite, même si la nature et le lagon restent accessibles à tous.
Attention aux charges fixes, souvent sous-estimées. L’électricité est parmi les plus chères au monde, avec un abonnement de 40 € par mois. L’accès à internet haut débit, rare et coûteux, revient à 71 € mensuels. Les forfaits mobiles proposés par VINI ou Vodafone démarrent à 21 €. La santé, via la CPS, laisse un reste à charge de 15 000 à 30 000 FCP selon le niveau de couverture.
Conseils pratiques pour bien gérer son budget et trouver un logement en Polynésie française
Préparez-vous à des charges fixes élevées : l’électricité s’affiche à 40 € par mois, l’internet haut débit à 71 €, la téléphonie mobile à 21 €. Ces montants, bien supérieurs à ceux de la métropole, pèsent vite sur le budget mensuel.
Accéder à un logement relève souvent du défi. L’offre locative demeure restreinte : vacance quasi inexistante, loyers hauts, pression touristique, déficit chronique de 13 000 logements. Les studios à Papeete tournent autour de 70 000 FCP (585 €), les T2 à 110 000 FCP (920 €), les T3 à Punaauia dépassent les 200 000 FCP.
Voici quelques pistes pour maximiser vos chances de trouver un logement :
- Consultez régulièrement les petites annonces locales et les groupes Facebook spécialisés. Les offres y circulent rapidement, souvent avant même d’atterrir en agence.
- Faire appel à une agence immobilière permet de s’épargner certains pièges administratifs ou juridiques.
- La colocation, très répandue chez les jeunes et les expatriés, aide à partager les frais et à élargir la palette de quartiers accessibles.
- Envisagez le logement social si votre situation le permet. Les loyers, de 55 000 à 80 000 FCP mensuels, offrent une alternative plus accessible.
N’oubliez pas d’intégrer dans votre calcul les frais annexes : assurance habitation, taxes locales, charges collectives. Un budget bien préparé évite les mauvaises surprises et permet d’aborder la vie tahitienne avec davantage de sérénité.
À Tahiti, le rêve polynésien a un prix. Mais pour ceux qui savent anticiper, construire un quotidien équilibré n’a rien d’une utopie.


